Sorbet (département de la santé américain)
Photo : National Cancer Institute
fraudes épistémologiques : la recherche française en questions
80% des diététiciennes sont formelles : il ne faut pas craquer
La statistique a été diffusée au détour d’une publicité pour un yogourth : "80% des diététiciennes sont formelles : il ne faut pas craquer". Ce chiffre est intéressant à plusieurs égards. Pour commencer, il induit que la marque Danone s’est adressée à des diététiciens de sexe féminin exclusivement, ou n’a retenu que les réponses de celles-ci : qu’ont dit les diététiciens ? Ont-il été consultés ? Et que sont les arguments des 20% des diététiciennes pour qui "il faut craquer" ou qui considèrent que ce sujet n’est pas capital ?
Ensuite, l’affirmation des diététiciennes pose quelques problèmes, puisque l’on ne nous dit pas dans quel contexte il ne faut pas craquer. Il n’est pas rare qu’une demoiselle explique avoir "craqué pour un garçon". Un peu plus âgées, les femmes se surprennent fréquemment à "craquer pour un petit haut", ou pour une paire de chaussures. Le mot "craquer" a en effet de nombreuses utilisations et il aurait été important de préciser si cette statistique porte sur tous les usages du mot "craquer". Le fait que ce soient des diététiciennes qui parlent suggère (mais n’implique pas) que nous parlons d’abandonner un régime ou en tout cas de trahir une discipline alimentaire ("j’avais trop faim, j’ai craqué").
Ce genre d’étude méthodologiquement hasardeuse et mal documentée pose la question du sérieux de la recherche fondamentale en France, notamment dans le domaine de la diététique. Tout s’explique à la lumière d’exemples de cet acabit : les classements mondiaux qui tendent à établir que l’université française est d’un niveau faible, le manque de prix Nobel et de médailles Fields, etc. Après le scandale des anneaux gastriques et la fermeture du Macdonald’s de Millau, il semble que "savoir-manger" ne rime plus avec français.

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Jocelynn Zoe Charming
Biologiste émérite, ancienne reine du lycée dans le Minnesotta. De cette première carrière, elle conserve un sourire éclatant, un goût pour la beauté et la bonne santé et de longs cheveux blonds.