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Saint-Denis, le premier évêque de Paris, décapité par les romains, aurait sans doute été fier de savoir que l’Université de la ville qu’il a fondé au IIIe siècle est arrivée en première place du classement des meilleurs établissements supérieurs dans le monde. Coïncidence, l’Université de Saint-Denis fête ses quarante ans cette année.
Photo : Andreas Praefcke (domaine public)
L’échelle de Vincennes
Le classement de Shanghaï dépassé ?

Chaque année, la presse, et notamment la presse française — toujours prompte à l’auto-dénigrement — fait ses choux gras du célèbre classement de Shanghaï des universités. Ce classement, établi par l’Université Jiao Tong (en 241e position de son propre classement) fait grincer quelques dents car ses barèmes font la part belle aux institutions américaines et aux sciences dites « dures ».
Un système alternatif pourrait bien remettre en cause cette primauté.

« Si vous n’aimez pas ce que vous voyez, changez de paire d’yeux », aimait dire Albert Einstein. C’est en suivant ce conseil qu’un petit groupe de chercheurs français a décidé de proposer une méthodologie radicalement neuve pour évaluer la qualité des universités du monde entier.
Pour mémoire, le fameux classement dit « de Shanghaï » repose sur le décompte des prix Nobel et des médailles Fields décernées aux enseignants, chercheurs et étudiants de l’établissement, sur le décompte des articles émanant de ces personnes publiées dans les revues Nature et Science, sur le nombre d’articles indexés dans les bases de données de référence (Science Citation Index, ou le Arts & Humanities Citation Index) et sur le nombre de chercheurs incontournables dans leur domaine de recherches.

...Les sciences « dures » à l’honneur...
De tels critères d’évaluation privilégient les universités issues de pays anglophones ou issues de pays « périphériques » dont les langues ont si peu de locuteurs qu’elles ne communiquent qu’en anglais. Ce classement est aussi avantageux pour les universités les plus fortunées, qui peuvent s’attacher les services de professeurs « stars », ainsi que les universités déjà prestigieuses qui attirent aussi beaucoup d’enseignants réputés. Le prestige entraîne le prestige, c’est le serpent qui se mord la queue.
Les sciences dites « dures » sont ostensiblement érigées en référence, puisque les revues citées (Nature et Science) ou les récompenses mentionnées (Prix Nobel et Médaille Fields) laissent peu de place aux sciences humaines, d’autant que les prix Nobel de littérature et prix Nobel de la paix ne sont pas inclus au calcul, contrairement au prix Nobel d’économie qui n’est pourtant pas un véritable prix Nobel mais qui est une récompense dotée par la banque de Suède et remise à la même époque que les prix Nobel.

...Le classement de l’École des Mines...
La prestigieuse École des Mines à Paris a proposé un classement alternatif plus axé sur l’efficacité de l’enseignement que sur le prestige académique. Ce classement recense les dirigeants d’entreprises issues du « top 500 » mondial de Forbes Magazine parmi les anciens étudiants des grandes écoles. Avec ce nouvel outil, de grandes écoles françaises apparaissent subitement dans le peloton de tête des meilleures institutions universitaires du monde : Polytechnique (4e), HEC (5e), Sciences-Po Paris (8e), l’Ena (9e) et l’École des Mines (10e).
Ce nouveau classement véhicule lui aussi une vision pour le moins partiale de ce à quoi doit servir l’éducation supérieure : si l’on se fie à ce barème, les grandes écoles sont exclusivement destinées à fournir des dirigeants aux grandes entreprises. On ne parle donc pas ici d’apporter sa pierre à la science ou aux lettres, de réussir sa vie, d’être heureux, d’améliorer le monde ou d’être créatif mais uniquement d’être adapté aux besoins du système capitaliste en matière d’encadrement.
« Dans cette optique, on pourraît donner les premières places du classement des grandes institutions éducatives à CNN, FOX et TF1  ! Ces chaînes font encore plus pour le capitalisme que Harvard ou Stanford, car le libéralisme a besoin de dirigeants, certes, mais plus encore de dirigés », explique l’économiste Francis Mergue sur son blog.

...Jamais deux sans trois...
La naissance d’un troisième classement a semblé évident à une équipe indépendante de chercheurs de la Seine-Saint-Denis : « La première idée que nous avons eu a été d’augmenter le nombre de paramètres inclus à l’équation en tentant de ne privilégier aucune vision restreinte de ce à quoi doit servir une université, tout ce qui fait la vie, professionnelle ou personnelle, doit entrer en ligne de compte ». Sans négliger les critères de Shanghaï ou de l’École des Mines, son échelle dite « de Vincennes » (en l’honneur de l’université arrivée en tête en 2008) ajoute un grand nombre de paramètres tels que : la modicité des droits d’inscription. Le nombre d’étudiants accueillis au mètre carré (plus il y a d’étudiants et mieux c’est). Le nombre d’anciens étudiants qui ont effectué une carrière de réalisateurs de cinéma. Le nombre d’anciens étudiants ou de professeurs à avoir gagné un grand Prix dans une discipline artistique (Oscar du cinéma, Prix Turner, Prix Marcel Duchamp, Grand Prix de la ville d’Angoulême, finale de la Nouvelle Star, sélection pour représenter son pays à la biennale de Venise, etc.). Le nombre d’anciens étudiants ou de professeurs ayant publié un ou plusieurs ouvrages grand public à succès. Le nombre d’anciens étudiants ou de professeurs qui sont régulièrement invités sur des plateaux de télévision ou dans des studios de radio. Le nombre de disciplines nouvelles créées dans cette institution de l’enseignement supérieur. Le nombre de cours n’ayant aucun équivalent dans d’autres établissements. Le nombre de modes intellectuelles associées à l’université en question (ex. : post-modernisme, cinématographie marxiste, trotskysme digital, dialectique de la linogravure, libertarisme fédéré, ultra-libéralisme collectiviste, etc.).
La qualité de vie du campus et de son environnement ne sont pas oubliées, avec des critères tels que : la présence d’une station de métro à proximité, la présence de lieux culturels importants (stades, basiliques, musées, studios de cinéma) à proximité, la disponibilité de boissons faiblement alcoolisées au comptoir des cafétérias de l’établissement, l’intensité de la vie sociale dans les couloirs et la vivacité des groupes politiques dans le hall de l’université.

En appliquant ces critères, c’est l’Université Paris VIII « Vincennes à Saint-Denis » qui prend la tête du classement, suivie par l’Université de Californie à Los Angeles, de l’Université du Québec à Montréal, du Reed College de Portland, dans l’Oregon, et enfin de l’École des Arts Décoratifs, à Paris.

Confrontée à ce classement qui la place en 12e position des meilleures écoles dans le monde, l’Université de Harvard a émis un communique officiel un peu aigre qui affirme que, « si le barème avait pris en compte la qualité des toilettes publiques, l’Université de Saint-Denis n’aurait jamais pu atteindre la première place, ni même la centième ».
Mauvais perdants, Harvard ? « Il est vrai que les toilettes de Paris 8, c’est un poème » déclarait Christophe Willem, ancien étudiant et lauréat de La Nouvelle Star en 2006.


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Régis Chauvain
Notre correspondant scientifique en France


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